Siddhârta de Herman Hesse est un livre qui ne me laisse pas un soupçon d'indifférence car avec le temps vous saurez pour quoi.
Voila quelques de ses situations que j'ai recueillie :
*Dès ses études à l'université, le médecin, le juriste, le technicien est prisonnier d'un cycle de cours rigide, qui se termine par une gamme d'examens. Quand il les a passés, il reçoit son diplôme et jouit alors de nouveau de la liberté apparente de s'adonner à sa profession. Mais il ne devient ainsi que l'esclave de puissances intérieures: il tombe sous la coupe du succès, de l'argent, de son ambition, de sa vanité, du charme que les gens lui trouvent ou ne lui trouvent pas. Il doit se soumettre à des choix, gagner de l'argent; il participe aux rivalités impitoyables des castes, des familles, des partis, des journaux. En compensation, il a toute licence d'avoir des succès et de la fortune, et de provoquer la haine des malheureux, à moins que ce ne soit l'inverse.
*N'existe-t-il donc pas de vérité? N'y a-t-il donc pas une doctrine qui soit authentique et valable?
-La vérité existe, mon cher, mais la 'doctrine' que tu réclames, l'enseignement absolu qui confère la sagesse parfaite et unique, cela n'existe pas. Il ne faut pas non plus avoir le moins du monde la nostalgie d'un enseignement parfait, mon ami; c'est à te parfaire toi-même que tu dois tendre. La divinité est en toi, elle n'est pas dans les idées ni dans les livres. La vérité se vit, elle ne s'enseigne pas ex cathedra.
*Que tu deviennes professeur, savant, ou musicien, aie le respect du 'sens', mais ne t'imagine pas qu'il s'enseigne.
*Quiconque dirige les forces les plus hautes de son désir vers le centre, vers l'être véritable, la perfection, paraîtra plus calme qu'un passionné, parce que la flamme de son ardeur ne sera pas toujours visible, parce que, par exemple dans une discussion, il ne criera ni ne gesticulera. Mais, je te le dis: il faut qu'il soit plein d'ardeur et de flamme!
*Sur les chemins sans risques on n'envoie que les faibles.
*il était des doutes dont il suffisait de connaître l'existence ou la possibilité, pour en souffrir.
*La chance n'a rien à voir avec la raison ni avec la morale. Elle est d'essence magique, l'attribut d'un niveau précoce et juvénile de l'Humanité.
* cette heure crépusculaire où les formes s'effacent, où le contour des choses lutte contre les ténèbres qui le réduisent à néant.
*La jeunesse a besoin de pouvoir se prendre au sérieux. La vieillesse a besoin de pouvoir se sacrifier parce qu'elle prend au sérieux ce qui la dépasse.
*Je connais bien le sentiment de tristesse qu'inspire la précarité de toute chose, je l'éprouve à chaque fois qu'une fleur se fane. Mais il s'agit là d'une tristesse sans désespoir. "tjrs au dernier ma station préféré"